DAKAR – Team Crocoaventures, un jour de l’an très spécial

en direct du Dakar…un jour de l’an tres special par Nicolas CHAIX, Team Manager et l’interview de Frank Verhoestraete le n°53
Bivouac de Lima le 01/01/2013

« Le Dakar est une course dont tout le monde imagine les difficultés sportives, physiques et mécaniques, mais il y a les épreuves préalables auxquelles tout gros Team doit faire face, moins glorieuses certes, mais tout aussi chronophages et consommatrices d’énergie.

L’ENTREE EN MATIERE

Dimanche 30 décembre, nous embarquons à Roissy et après 12h30 de vol, nous nous retrouvons face à la douane péruvienne, avec nos valises et nos cartons remplis de pièces en tout genre.

L’année dernière, nous avions passé 8h30 à la douane de Buenos Aires avant d’avoir l’autorisation de quitter l’aéroport…

Ici au Pérou, le mot magique « DAKAR 2013 » est visiblement le précieux sésame qui nous ouvre toutes grandes et sans délai les portes du pays.

Le lendemain, rendez-vous au port maritime de Lima pour récupérer les 4 motos et le camion atelier.

Il nous faudra attendre 2h sous un soleil de plomb pour retrouver enfin nos machines fraîchement sorties des box de transport.

Les motos n’ont pas trop souffert du voyage mais surprise (qui à vrai dire n’en n’est pas vraiment une), les réservoirs ont été siphonnés et il nous reste très peu d’essence pour démarrer et rejoindre dès la sortie, la première pompe accessible.

Sur une des motos, je tombe d’ailleurs en panne sèche, heureusement à seulement 300 mètres d’un point de ravitaillement.

Après une longue traversée de Lima, un 31 décembre ponctué de bouchons et pas moins de 50 feux rouges, nous arrivons tous enfin au bivouac d’avant course.


Ce « village » est planté au bord de la mer, à l’aplomb d’une falaise de terre impressionnante.

Nous sommes dans les premiers à nous y installer, mais déjà la tension monte et nous imaginons sans problème à quoi l’ambiance ressemblera dans un ou deux jours.

Arrivés vers midi, nous n’en repartirons que vers 18h30, après avoir mis en place toute notre installation, les barnums, les bâches de sol, les bâches latérales, après avoir rangé toutes les affaires dans le camion atelier et dans le Camper, une tâche fastidieuse mais un travail préparatoire essentiel à ce qui va suivre aujourd’hui.

En effet, après une soirée de réveillon très festive, mais raisonnable (6h de décalage horaire pas encore vraiment absorbées), les mécanos ont, pour ce 1er janvier 2013, « un peu de pain sur la planche ».

Les machines ont quitté la France fin novembre, et chose commune à toutes les équipes motos, certaines pièces nous sont parvenues après cette date ce qui nous contraint à faire quelques interventions mécaniques aujourd’hui sur place, avant les vérifications techniques.

C’est pourquoi, nos trois mécanos s’affairent le plus tôt possible sur les machines, même un premier de l’an !

AU CŒUR DES HOMMES

Alain Duclos reste pour l’instant tranquillement à l’hôtel.

Au programme, repos, préparation physique et physiologique (natation, salle de sport et adaptation aux conditions extérieures).

Franck Verhoestraete découvre sa moto et apprend à connaître tous les membres du Team (il n’avait pas pu venir en France, mi-novembre, pour les essais pilotes).

D’un calme olympien, il prend la mesure en connaisseur de ce qui l’attend avec CrocoAventures.

Notre chilien Axel Heilenkotter est un peu le local de l’étape, et il est là avec Sandrita, son épouse.

Leur présence est un vrai rayon de soleil pour nous tous.

Déjà dans l’équipe assistance sur le précédent Dakar, Axel, maintenant pilote, reste toujours aussi disponible et à l’écoute de chacun de nous…

Axel est très certainement un « alien », en tout cas un modèle en voie de disparition !!!

James West n’arrivera que demain dans la journée (le 02/01).

Il vient en effet de Dubaï et la fréquence des vols lui permettait de retarder un peu son débarquement péruvien.


Entre tous les acteurs de l’équipe d’assistance, les liens se créent et une très bonne synergie se met en place.

Les deux « nouveaux » Julien Pailloux et Marc De Vos ont très rapidement trouvé leur place.

Les piliers techniques du Team Laurent Le Gat et Georges Gianti vont organiser et superviser les travaux à réaliser ces trois jours, afin que tout soit réglé pour les vérifications techniques et administratives qui nous attendent Jeudi 3 Janvier en fin de journée…

Une autre grosse épreuve de patience d’avant course.

Pour ma part, je constate que toutes les bonnes ondes ressenties fin novembre en Provence, sont présentes ici au Pérou.

Même si ce que nous vivons ces jours-ci n’a rien à voir avec la course qui reprendra ses droits dès dimanche, il est de bon augure de voir l’équipe soudée et sereine, chacun ayant un œil bienveillant et attentif aux besoins de l’autre.

Le Dakar est certes une compétition sportive, mais il est avant tout un défit humain que nous comptons bien relever et mener à bien.

Toute l’équipe se joint à moi pour vous adresser depuis notre bivouac péruvien, une bonne et heureuse année 2013 ».

Nicolas

interview de Frank Verhoestraete – N°53

Comme nous vous l’avions annoncé précédemment, à défaut d’avoir pu rencontrer Frank Verhoestraete en Provence, lors des essais pilotes, voici une petite interview du 4ème pilote du Team, réalisée par notre «envoyé spécial » Nicolas Chaix en direct depuis Lima…

Frank, peux-tu te présenter en quelques mots ?
J’ai 33 ans. Je suis né en Belgique, mais je vis à Kinshasa au Congo depuis 30 ans. Motard depuis l’âge de 5 ans, j’ai hérité de cette passion de mon père, avec qui j’ai fait beaucoup de cross, d’enduro et de balades.

Pour moi, faire le Dakar est vraiment mon rêve de gosse !

Et justement, comment ce rêve est-il devenu réalité ?
J’ai rencontré Alain Duclos lors d’une course à Pointe Noire en 2007 et son histoire, son parcours m’a donné l’envie de me lancer moi aussi dans l’aventure du Dakar.

Le cap de mes 30 ans en 2009 a sans doute contribué à la décision, avant qu’il ne soit trop tard !

En 2010, j’ai donc eu le bonheur d’intégrer le même team qu’Alain et de terminer à la 19ème place au général et à la 5ème place du classement Rookie.

Ce Dakar a été pour moi aussi beau que mon rêve d’enfant pouvait l’imaginer, un truc de malade !!

Mais, une fois terminé, je pensais que le défi était accompli, qu’une page s’était tournée, et je n’envisageais pas alors de le faire une seconde fois.

Mais quand le virus nous pique, c’est foutu !

Et il n’a pas fallu plus d’un mois pour que l’envie de repartir dans cette aventure me reprenne…

Et c’est toujours aux côtés d’Alain que j’ai fait le Dakar 2011 où j’ai terminé 27ème.

Cependant, ma vie de prof étant particulièrement dense et intense, j’ai dû renoncer au Dakar en 2012 sans pour autant imaginer ne plus y revenir…

Et donc me revoilà !

Frank Verhoestraete

Au regard de ton parcours, on imagine que ta présence au sein du team CrocoAventures est étroitement liée à celle d’Alain Duclos ?

Effectivement, lorsqu’Alain m’a annoncé qu’il avait signé chez « Croco », et m’a proposé d’en faire autant, c’est évidemment en toute confiance que je suis venu en France essayer la Sherco.

Et donc en juin dernier, convaincu par la moto je me suis engagé pour ce Dakar 2013.

Pour être tout à fait honnête, il y a trois ans, on m’aurait proposé de rouler sur une Sherco, j’aurais certainement douté.

Mais avec ma petite expérience, et après avoir observé les autres teams moto, quand je vois les finitions de ma Sherco, je n’envisage plus de rouler avec une autre machine !

Et puis, il y a également l’esprit du Team qui est essentiel et j’ai tout de suite bien accroché avec l’équipe, sa bonne ambiance familiale et sérieuse à la fois.

J’en étais malade de ne pas pouvoir venir en France pour les tests pilotes en novembre, et forcément, j’étais encore plus impatient de voir la moto à mon arrivée à Lima.

Tu as déjà fais des places sur les précédents Dakar.
Quel est ton objectif cette année ?

Tout d’abord et comme chacun des pilotes, l’objectif est d’aller jusqu’au bout de l’aventure… et tant qu’à faire, améliorer mon dernier résultat donc faire au moins ou mieux qu’une 27ème place.

Je n’ai pas de craintes particulières, si ce n’est le Pérou que je ne connais pas.

Je vais donc rester plutôt vigilant sur le premier tiers du rallye, avant d’entrer en terres argentines et chiliennes que j’ai déjà eu l’occasion d’affronter…