VOYAGE – aux portes du Tibet, un récit de Jacques Liautard, épisode 11, Kaza – Kalpa

Jacques Liautard nous a confié son carnet de voyage en Inde aux portes du Tibet en moto, voici le récit et les photos de ce périple.
 

 
 
Kaza – Kalpa – Pluie toute la journée, pas trop froid

Douche, petit déjeuner puis nous partons de Kaza vers 09h.

Une petite pluie continue de tomber depuis hier.
 

 
La route n’est pas trop difficile, il faut simplement faire attention aux trous qui sont remplis d’eau boueuse, aux petites couches de boue bien glissantes, aux véhicules qui viennent en face.
 

 
Jean et Jean-Pierre se sont concoctés des manchons en bricolant des sacs de riz qu’ils sont allés acheter au Main Market afin d’éviter d’avoir les mains trempées.
 

 
A un moment, nous commençons à rouler sur de la pierraille qui vient des éboulis de la montagne au-dessus de nous.
 

 
Il faut faire attention à ne pas taper dans un bloc plus gros qu’un autre.
 

 
Là où ça devient vraiment plus difficile, c’est lorsque la route n’est plus qu’un champ de pierres.
 

 
Lionel entame la série de chutes suivi par moi.
 

 
Je bute sur une grosse pierre et à l’arrêt, la moto part sur le côté, je n’arrive pas à la garder sur ses roues.
 

 
Tout le monde vient m’aider à la ramasser, je vais pour repartir et la même pierre me déséquilibre de nouveau.
 

 
Charles-Antoine vient de partir, un gros bloc de pierre vient de se détacher de la montagne et passer pas loin de lui.
 

 
Lionel m’aide à remettre la moto sur ses roues et c’est reparti pour le champ de pierraille.
 

 
Il y en a deux coup sur coup, une fois compris le principe, ça passe mais ça n’est pas ce que je préfère.
 

 
Un peu plus loin c’est carrément la route qui est coupée par d’énormes blocs de rochers.
 

 
Quelques indiens sont en train d’essayer de la dégager, tout le monde va donner un coup de main pour retirer ce que l’on peut.
 

 
C’est suffisant pour les motos, nous continuons notre route jusqu’à un poste de contrôle.
 

 
Il faut s’arrêter quelques centaines de mètres avant, retirer les caméras des casques et repartir présenter les papiers.
 

 
Une fois le contrôle passé, nous roulons 500m et remettons les caméras sur les casques.
 

 
Nous roulons toujours sous la pluie jusqu’à Patbo où nous avions visité l’ancien et le nouveau monastère quelques jours plus tôt.
 

 
Dans ce genre de voyage, nous voyons tellement de choses tout au long de la journée qu’il est parfois difficile de se souvenir exactement de tout.
 

 
Nous prenons des boissons dans le restaurant où nous avions déjeuné.

Ginger lemon de couleur rose agrémenté de thé et de miel, thé noir, tchai et café, il y en a pour tous les goûts.
 

 
Catherine profite de l’arrêt pour aller visiter le vieux monastère qu’elle n’avait pas vu la fois d’avant et faire quelques achats tout comme Rémy et sylvain.
 

 
Nous repartons toujours sous la pluie pour arriver vers 14h dans un petit village où un restaurant nous accueille.

Le mari et la femme nous préparent un délicieux repas en deux temps trois mouvements.
 

 
Le mari commence par nous proposer de l’eau chaude à boire, ce dont nous n’avons pas l’habitude.

Ensuite, momos à la viande, momos végétariens, nouilles végétariennes, riz aux petits légumes, un vrai festin bienvenu après la route.
 

 
Tout le monde est plus ou moins humide.

Pieds, gants, pantalons, difficile de résister à des heures de pluie.
 

 
Au passage de trous d’eau, on essaye de lever les pieds mais à force, tant pis, mouillé pour mouillé autant laisser les pieds sur les repose pieds.
 

 
Nous repartons pour la dernière étape.
 

 
Au lieu d’aller jusqu’à Pekong peo, nous allons pousser 6 kms plus loin jusqu’à Kalpa qui propose des hôtels de nettement meilleure catégorie.
 

 
C’est l’agence de Vintage Rides qui s’est occupée de la réservation, le voyage ayant été totalement chamboulé.
 

 
Nous reprenons la route avec toujours les mêmes difficultés et parfois une route parfaitement lisse et en très bon état.

Des indiens sur le bord de la route semblent indifférents à la pluie et nous regardent passer, certains nous faisant de grands bonjours auxquels nous répondons, parfois simplement d’un œil curieux.

Une famille avec de très jeunes enfants semble vivre en bord de route, abritée sous un renfoncement d’une montagne, ça fait réfléchir.
 

 
La nuit commence à tomber.

Depuis ma chute sur la pierraille, j’ai retiré les lunettes.
 

 
Impossible de rouler sous la pluie avec la visière entre ouverte et les lunettes qui s’embuent.
 

 
Vers 18h, nous ne sommes plus très loin de Kalpa et pensons avoir fait le plus gros.
 

 
Erreur, c’est sans compter avec un torrent qui dévale de la montagne et coupe la route en deux.
 

 
De nombreux véhicules attendent le long de la route mais le spectacle vient surtout de la voiture qui est coincée au milieu du torrent furieux.

De nombreux indiens essayent de la tirer, de la pousser mais rien n’y fait jusqu’à ce qu’un filin soit apporté et accroché à l’avant de la voiture.

Tout le monde, indiens comme touristes, attrape un morceau de filin et tire jusqu’à ce que la voiture soit sortie de l’eau.
 

 
Il ne reste plus qu’à faire passer les motos.

Le festival commence par ceux qui viennent du bas de la vallée.
 

 
Certains ouvrent les gaz en grands et arrivent à passer.

D’autres vont trop lentement et restent bloqués.

Une chaine se met en place pour tirer et pousser jusqu’à ce que la moto soit sortie.
 

 
Au tour de notre groupe. Alain passe suivi par Jean Pierre, Jean et Charles Antoine.

A chaque fois, tout le monde, de l’eau jusqu’à la taille, aide à tirer et pousser la moto.

Lionel bute sur une pierre, la moto tombe lourdement sur le côté ainsi que son conducteur qui se retrouve immédiatement sous l’eau totalement trempé.

Encore une fois grâce à la solidarité, la moto arrive de l’autre côté du torrent.
 

 
Je connais mes limites et sais que je risque de faire comme Lionel.

Atul prend ma moto et après avoir passé celle d’Agnès, il passe la mienne, toujours aidé par tout le monde.

Le courant est tellement fort qu’il est impossible de passer pour le pickup.

Vers 3h du matin, le gel aidant, le courant est moins fort et le chauffeur va pouvoir passer et rejoindre l’hôtel.

En attendant, Agnès n’a ni son casque ni ses gants et va terminer les 20kms derrière Jean Pierre son mari.

Nous n’aurons aucun rechange pour ce soir puisque toutes les affaires sont dans le pickup.

Nous passons par pekong peo et faisons un petit arrêter ravitaillement cigarettes pour Rémy et Sylvain.
 

 
J’en profite pour aller acheter des bananes dans une petite échoppe.

J’arrive trempé, casqué, tout le monde me regarde.

Je demande une quinzaine de bananes puis d’autres en plus et paye les 100 roupies pour le tout.

Je pense que si j’en avais acheté 10 ou 20, ça aurait été le même prix.

Nous roulons à la lumière des phares direction Kalpa, Jean ne voit pas une grosse pierre et tape violemment dessus avec la roue avant ce qui entraine une crevaison lente.

Il va terminer les 10kms sur la jante, les pieds de part et d’autre de la moto, tandis que Gervaise monte derrière Charles Antoine.

Après avoir demandé son chemin sur les derniers kilomètres, Radjeev trouve enfin l’hôtel à Kalpa.
 

 
C’est un hôtel confortable.

Il est 21h, je fais la vidéo du soir sans retirer la combinaison de pluie.

Elle a au moins 40 ans et n’est plus du tout étanche.
 

 
Je retrouve tout le monde au restaurant.

Il y fait assez chaud, certains sont venus pieds nus, j’ai gardé mes bottes, pour le moment j’ai l’impression d’être au sec.

La soupe à la tomate est toujours la bienvenue, j’en demande une deuxième portion.

Riz, pates, petits légumes et poulets, je ne mange pas grand-chose et termine en goutant une sorte de custarde à la pomme et une banane.

Lionel est resté dans la chambre.

Charles Antoine lui porte un bol de soupe.

Radjeev demande aux serveurs s’ils peuvent lui porter à manger, il se retrouve avec un énorme plateau de nourriture.
 

 
Retour à la chambre, je me déshabille. Les chaussettes sont trempées mais comme j’en avais mis deux paires, je n’avais pas l’impression, étant serré dans les bottes.

Ces dernières sont aussi trempées, ainsi que le pantalon, la combinaison de pluie mais mon tee shirt et la polaire sont secs, je vais pouvoir dormir avec.

J’ai un gros hématome sur le mollet gauche, peut-être au moment de la chute.

Je comprends mieux pourquoi je commençais à avoir mal à chaque fois que je changeais de vitesse, je pensais que c’était une crampe.

De toute façon, les médicaments sont dans le pickup, il n’y a rien à faire d’autre que de ne pas appuyer dessus.
 

 
Je prends une douche chaude pour essayer de me réchauffer mais seul les robinets du bas fonctionnent, pas le jet de la douche.

Je finis par m’asseoir sur le carrelage et laisser couler l’eau chaude sur moi.

Il faut faire attention car la contenance du chauffeau n’est pas énorme et l’eau a vite fait de devenir tiède.

Une fois sec et un peu réchauffé, je me glisse dans le lit.

J’ai empilé la couette et sorti du placard les deux couvertures que j’ai mis sur la couette.

Je regarde quelques minutes mes mails ayant retrouvé une connexion airtel et ne tarde pas à éteindre et m’endormir.

À suivre…