DAKAR – Cyril Despres remporte son 5ème Dakar
Despres puissance 5!
17ème de la 14ème et dernière étape du Dakar 2013, gagnée par le Chilien Francisco « Chaleco » Lopez, le Français Cyril Despres remporte son 5ème Dakar, et rejoint ainsi Cyril Neveu au palmarès de l’épreuve, à une marche du record de Stéphane Peterhansel.
le classement général après l’étape 14
vidéo le résumé de l’étape 14
Le Français peut s’enorgueillir d’avoir amené son porteur d’eau, le Portugais Ruben Faria, sur la 2ème marche du podium, pour un historique doublé du KTM RedBull Rally Factory Team.
vidéo les interview des vainqueurs
Chaleco trahit par sa mécanique
Contraint de changer de moteur, après avoir perdu sa 4ème vitesse en fin de 13ème étape, le Chilien Chaleco Lopez a logiquement écopé d’une pénalité de 15 minutes, retombant ainsi en 3ème position du général, 8’34 derrière Faria, et surtout 1’30 seulement devant le Slovaque Ivan Jakes.
En danger donc pour son podium, autant que touché dans son honneur, le Chilien a tout donné dans cette dernière étape, longue de 126 km chronométrés, pour, au final, s’offrir son 5ème scratch du rallye, 29 » devant Ruben Faria et 37 » devant son rival pour le titre de meilleur performer, l’Espagnol Joan Barreda.
Reste qu’au général, ce baroud d’honneur du Chilien ne change rien : c’est bien l’équipe officielle KTM qui triomphe en plaçant ses deux machines aux deux premières places.
Implacable stratège en piste, le tenant du titre, Cyril Despres, s’offre ainsi son 1er doublé victorieux et un troisième succès en Amérique du Sud (2010-2012-2013), après ses 2 premières victoires en terres africaines (2005-2007).
Un 5ème titre, qui le place désormais à égalité au palmarès avec Cyril Neveu, conquis finalement 10’43 devant son porteur d’eau, Ruben Faria, désormais motard portugais le mieux classé sur un Dakar.
Et 18’48 devant le héros du pays, Chaleco Lopez.
Derrière, belle performance du modeste, mais hyper régulier, Slovaque Ivan Jakes qui termine 4ème à 23’54, soit plus de 20′ devant l’Espagnol Juan Pedrero, 5e.
flashback l’étape 13 du Team Sherco Crocoaventures par Nicolas Chaix, Team Manager
Alors que tous, ici, ont le regard tourné vers Valparaiso et Santiago, il reste encore deux journées de course…
Même si hier, notre moral était regonflé à bloc, fort heureusement nous n’avons pas succombé aux effluves du sommet des classements !
Chaque jour, la même attention est donnée à chaque geste et à chaque vérification faite sur les motos de course.
Les mécanos ont en main un cahier de contrôle divisé en autant de pages qu’il y a d’étapes, et sur lequel sont listées toutes les actions à apporter aux motos dès lors qu’elles rejoignent le bivouac.
Une méthode simple et efficace qui a fait ses preuves dans beaucoup d’autres domaines, limitant par exemple, les oublis engendrés par d’inévitables interruptions de tâches.
Lorsque nous quittons ce matin Alain et Frank, le soleil est déjà levé.
La météo de Copiapo joue souvent les fantasques, plongeant aléatoirement la ville sous un épais brouillard matinal, lequel se dissipe selon son bon vouloir… ASO décide de faire partir les premières motos plus tard que de coutume.
Presque 6 heures de sommeil pour les galériens que nous sommes… quelle belle grasse mat !!
Ayant changé prématurément le moteur d’Alain dès la fin de la 2e spéciale, à chaque entretien nous analysons minutieusement les signaux envoyés par le bloc en place, afin de décider ou non de son remplacement.
Hier soir, comme chaque soir depuis Nazca, l’huile est onctueuse, les filtres propres et le moteur tourne sans aucun bruit parasite.
Donc hier soir, nous décidons collégialement de garder pour une journée de plus ce « moulin » qui totalise plus de 7 500 km de la course la plus dévastatrice qui soit !
Nous sommes ici pour développer un nouveau prototype et son tout nouveau moteur. Il n’y a pas d’endroit plus approprié que le Dakar pour l’éprouver et surtout le faire évoluer…
Alors, quand mon téléphone vibre un peu avant 15H et qu’un SMS d’Eric (alias « p’tite fourche ») nous annonce qu’Alain à l’arrêt, cette limite insaisissable mais bien réelle nous rappelle à quel point tout ici est d’une extrême exigence…
Attaqués par ce sort qui s’acharne, nous organisons la riposte !!
Rejoint par Frank qui le remorque, Alain progresse lentement…
Il doit absolument sortir de la spéciale, c’est-à-dire vis-à-vis du règlement la terminer.
Pendant ce temps, Laurent et Axel prennent le camion atelier et roulent vers l’ASS (arrivée du secteur chronométré).
A partir de ce point, l’assistance est autorisée, donc Laurent pourra y organiser les premières réparations.
Depuis déjà plusieurs jours, nous ne considérons plus le classement général comme une source de satisfaction.
Ce qui nous importe est bien d’emmagasiner toutes les infos sur ce nouveau proto, pour être prêts, dès février, à le faire évoluer au plus haut niveau.
Il faut donc qu’Alain finisse cette journée noire et qu’il se re-concentre pour ces deux derniers jours de course et monter, sans bobo, sur le podium de Santiago…
Bien évidemment, la liesse d’hier succombe au dépit d’aujourd’hui.
Mais les difficultés d’aujourd’hui ne fabriquent-elles pas les succès demain ?…
C’est la réalité de cette difficile ascension vers la perfection.
Les grandes équipes que nous côtoyons tous les jours nous le rappellent : accéder au Top 5 (et surtout y rester !) nécessite du temps, de la passion, des compétences, une usine partenaire et … des moyens sans lesquels le temps peut s’étirer à l’infini.
Positivons et croyons que le calice dégusté jusqu’à la lie présage d’un futur proche bien plus festif !!
18H45 : Alain appelle enfin ! La spéciale longe le bord de mer, au nord de La Serena, une zone où aucun réseau ne passe. «
J’attaquais ! Et j’ai chuté ! La moto s’est couchée sur un tas de pierres. L’arbre du sélecteur de vitesse s’est cassé net au ras du carter.
C’est mort ! Il n’y a rien à faire. Frank m’a tracté pendant 100 km pour m’aider à sortir de la spéciale et maintenant, je prends la liaison avec lui ».
Arrivés en toute hâte à la sortie de la spéciale, Laurent et Axel ne peuvent malheureusement que constater les dégâts !! L’arbre est bel et bien cassé et plus rien ne dépasse.
En plus, dans la chute, quelque chose semble s’être coincé dedans et il va falloir ouvrir pour réparer…
Mais ça ne pourra être fait qu’au bivouac ce soir. Hors de question de travailler moteur ouvert, là au bord de la route !
22H15 : Les deux amis arrivent sous nos tentes après s’être frayé un chemin à travers les 15 km de bouchons qui mènent au bivouac.
Nerveusement épuisés (300 km au bout d’une corde, les connaisseurs apprécieront !), c’est douche, repas, pour retrouver ensuite leur dernier road-book et enfin, demain, rejoindre Santiago…
Nicolas
Alain Duclos – N°14
Il n’y a rien à dire de particulier !!
L’histoire du Dakar est remplie de faits de course.
Qu’ils soient mérités ou injustes, quand c’est ton tour, tu courbes le dos et tu encaisses…
De toute façon, pour moi, ça ne change pas grand-chose, je n’oublie pas pourquoi nous sommes venus ici avec ce proto.
On a fait presque 7 500 km avec le même moteur et sans cette chute, il aurait probablement tenu jusqu’au bout…
Après avoir fait le plein d’expériences, ce qui compte maintenant, c’est de retrousser nos manches et de bosser d’arrache-pied sur la moto dès notre retour en France, Sherco pour le moteur et Croco pour le reste…
Moi, je reste super motivé quant à l’avenir. La machine est bien née et sa fiabilité est d’ores et déjà évidente !
Laia Sanz – Gas Gas – 93ème au général
Laia Sanz remporte le titre de Reine du Dakar pour la 3ème fois consécutive.
Certes son classement est nettement moins bon que celui de l’an dernier qui l’avait vu terminer à la 39ème place mais sa 13ème place obtenue dans la huitième étape, la meilleure de Laia en 3 participations est là pour la consoler.
Après une année 2012 particulièrement faste et ponctuée par les titres de championne du monde de Trial et d’Enduro féminin plus le titre honorifique de femme de l’année on peut dire que Laia a réussi une belle prouesse lors de ce Dakar 2013.
Pas tant au classement général qu’en terme de courage, de résistance et d’abnégation.
Des moments durs et difficiles physiquement et moralement qui viennent considérablement enrichir son expérience dans ce type d’épreuve.
En effet Laia a frisé l’épuisement complet il y a quelques jours lorsqu’elle a du être remorquée par un motard avec une sangle durant 400 km.
Après toute une nuit passée sur la route ponctuée de plusieurs chutes Laia est arrivée au bivouac à l’aube avant de repartir immédiatement une fois son moteur remplacé : chapeau Mademoiselle!!!
Gerard Farres – étape 10 – général 69
Jusqu’au bout Gerard Farres se sera battu pour améliorer son classement et il peut être fier de son top ten dans cette dernière étape du Dakar. Une fois débarrassé de ses problèmes techniques qui l’ont empoisonné une partie de la course Farres a aligné les bonnes performances pour finir en trombe 13ème, 8ème et 10ème.
Après avoir entamé cette dernière étape bille en tête Gerard Farres s’est fait une petite frayeur et a préféré assurer une arrivée dans le classement général à Santiago.
Sans cette casse de moteur dans la seconde étape le Dakar de Farres aurait sans doute connu une toute autre tournure sans compter ses problèmes récurrent de pompe à essence qui ont fini de fusiller son classement général.
Gerard Farres
Contraint de jouer les auto stoppeur de carburant Gerard Farres a pu compter sur la solidarité des autres motards mais a du faire une croix sur son classement général et se concentrer sur les meilleures performances possibles lors des étapes restant à disputer.
Au final avec une moto quasi stock et un budget de fonctionnement 4 fois inférieur Farres a prouvé qu’il pouvait faire jeu égal avec les motos d’usine. Une performance porteuse d’espoir pour l’avenir.
le Team Speedbrain Husqvarna
Si aucun des pilotes Husqvarna d’usine n’ont pu se placer sur le podium final ils ont en revanche collectionné les podiums d’étapes. 12 au total dont 4 victoires à mettre au crédit de Joan Barreda le leader naturel du Team qui s’est encore classé 2ème aujourd’hui derrière Faria et devant Rodrigues.
Ce n’est pourtant pas lui qui décroche la meilleure place au classement général mais Paulo Goncalves qui se classe 10ème grâce à une succession d’étapes régulières.
Mais pour nous la véritable révélation de ce Dakar aura été Alessandro Botturi qui figurait à la 5ème place à 3 jours de l’arrivée.
Espérons que le Team saura le récompenser à sa juste valeur en poursuivant sa collaboration avec lui car après ses déconvenue chez Bordone Ferrari ce ne serait que justice que Botturi trouve enfin un Team à la hauteur de son talent!
Team Honda HRC
Le Team Honda HRC était là pour apprendre cette année. Et dans cette perspective c’est la régularité plus que le panache qu’ont culvivé les pilotes Honda.
Et c’est d’ailleurs dans ce registre que communique le HRC après cette dernière étape en titrant «100% des pilotes à l’arrivée»
Ce qui constitue effectivement une belle performance et a sans doute permis d’engranger une importante masse de données qu’il va falloir analyser pour préparer l’avenir.
Helder Rodrigues, Javier Pizzolito et Johnny Campbell
Aujourd’hui Rodrigues se classe 4ème tandis que Javier Pizzolito (autre révélation de ce Dakar avec Botturi) et Johnny Campbell se classent respectivement 15ème et 21ème.
flashback vidéo l’étape 13 du HRC
Cette belle course d’équipe constitue l’une des forces du HRC qui semble vouloir appliquer en rallye raid les consignes déjà éprouvées en Moto GP par exemple.
Avec un projet initié il y a seulement 6 mois on peut en déduire que Honda a mis le bouchées doubles pour parvenir à ce bon résultat d’ensemble et préparer au mieux ses CRF 450 Rallye.
Victime de problèmes similaires à ceux de Farres les Honda ont pêché au niveau des admissions de carburant qui ont eu des hoquets durant les secondes et 3ème étapes.
Des incidents qui ont immédiatement fait perdre le contact aux pilotes du HRC avec la tête de la course.
Rodrigues a ensuite été victime d’un problème mécanique dans l’étape 11 qui a ruiné ses derniers espoirs de bien figurer, il termine 4ème de cette dernière étape et 7ème du général.
Helder Rodrigues, Javier Pizzolito et Johnny Campbell
Javier Pizzolito a été le plus régulier de tous sachant se préserver à la fois lui-même et sa mécanique.
Il se classe 15ème de cette dernière étape et termine à la 8ème place juste derrière son leader et constitue l’une des révélations de ce Rallye.
Helder Rodrigues, Javier Pizzolito et Johnny Campbell
vidéo dans les coulisses de la dernière étape du HRC
Enfin Johnny Campbell 21ème de l’étape et 40ème au général a perdu tout espoir et 3h dès la 3ème étape à la suite d’un problème mécanique.
Mais de tous les pilotes du HRC c’est celui qui a décroché la meilleure place en se classant second de la huitième étape.
Une belle performance dont il n’a pu profiter puisque dès le lendemain une chute avec de possible côtes cassées ont définitivement compromis la fin de son Rallye qu’il a achevé à sa main.
Team KTM – victoire totale
Avec 5 pilotes aux 5 premières places KTM écrase une nouvelle fois le Rallye même si cette suprématie a mis du temps à se dessiner.
Mais au final ce sont les oranges qui ont été les plus endurants et dont les mécaniques se sont révélées les plus fiables.
Cyril Despres décroche son 5ème Dakar devant Faria son porteur d’eau, Chaleco Lopez, Ivan Jakes et Joan Pedrero.
Souvent critiqué pour son opportunisme Cyril Despres a redoré son blason cette année en faisant tout ce qu’il pouvait afin de hisser Ruben Faria le plus haut possible dans le classement, allant jusqu’à l’accompagner durant toute une étape.
Objectif atteint puisque Ruben arrache la 2ème place qu’il avait perdu la veille en remportant cette ultime étape poignée en coin.
Le chilien Chaleco Lopez n’a donc rien pu faire contre cette «coalition» mais il monte tout de même sur la 3ème marche du podium avec la satisfaction du devoir accompli.
Avec Botturi et Pizzolito Jakes est la 3ème révélation de ce Dakar.
Même s’il a joué la régularité avant tout le tchèque Ivan Jakes a su ne pas commettre d’erreurs tout en s’arrachant suffisamment pour toujours bien figurer dans chacune des étapes, ce qui n’est déjà pas à la portée de tout le monde.
Reste maintenant à confirmer cette bonne performance tout au long de l’année et à se montrer un peu plus ambitieux si les résultats suivent.
Sans faire de bruit Joan Pedrero a su se glisser dans le top 5 au fil des étapes et devancer Olivier Pain d’une dizaine de minutes.
Une performance d’autant plus significative que contrairement à Faria ou Jakes qui le précèdent au général Pedrero a écopé de 15mn de pénalité pour changement de moteur, ce qui en dit long sur sa combativité.
Yamaha – Olivier Pain 6ème du général
C’est la renaissance pour Olivier Pain qui s’était blessé et revenait un peu dans l’inconnu lors de ce Dakar. Mais le français en possession d’une excellente Yamaha et dopé par une belle émulation avec David Casteu a brillé en milieu de Rallye en s’assurant même le leadership de l’épreuve plusieurs jours durant.
Malheureusement il est un fait qu’Olivier n’avait pas encore les 15 jours physiquement dans les pattes et sa fin de Rallye a été plus douloureuse sans toutefois le priver de cette superbe 6ème place qui constitue son meilleur classement à ce jour et qui lui permet de progresser de 3 positions par rapport à l’an dernier où il s’était classé 9ème.
De quoi briguer le podium l’an prochain car les Yamaha étaient remarquablement préparées comme en témoigne la 9ème place de Frans Verhoeven qui avait terminé 15ème en 2012 et qui a flirté avec le top 5 final cette année.

































